Qu’est-ce l’Ayurveda?

Jennifer holding training certificate. To her right is the teacher who gave the training Dr. Bhatt, and to her left is Swami Shivabhaktananda, the current director of the Yoga Camp.
De gauche à droite : Swami Shivabhaktananda, directeur du camp de yoga à Val Morin, moi, Dr. Bhatt, docteure en Ayurvéda et directrice du Ayurveda Panchakarma Center

En 2013, j’ai consulté Julie Corbeil, thérapeute en Ayurveda, car j’étais entre autre très fatiguée et les conseils tout simples qu’elle m’a donné m’ont fait grandir. Ne serait-ce qu’en prévention, je pense que tout le monde devrait connaître au moins les notions de base de l’Ayurveda.

C’est ce qui m’a motivé à suivre la formation ‘Yoga and Ayurveda Wellness Counselor’, en août 2019, pour mieux comprendre et partager cette sagesse ancienne. Cette formation de 95h fut donnée au magnifique camp de yoga Sivananda à Val Morin, sur 11 jours, par Dr. Bhatt, graduée du Jamnagar Ayurvedic University, en Inde. Dr. Bhatt a sa propre clinique à Toronto et 2 fois par année, elle vient à Val Morin pour donner des consultations, des ateliers de cuisine ayurvédique et la formation que j’ai suivi et que je recommande à tous ceux qui s’y intéressent.

Alors c’est quoi L’Ayurveda?

L’Ayurveda, c’est la médecine traditionnelle qui se pratique depuis plus de 5,000 ans en Inde et on peut dire que c’est la médecine sœur du yoga. Alors que le yoga s’intéresse au monde intérieure, c’est-à-dire la nature du mental (par l’introspection, la méditation), l’harmonie du corps et de l’esprit (par les postures et la maîtrise du souffle) et l’union entre le soi et la conscience universelle, l’Ayurveda s’intéresse au monde physique, c’est-à-dire la nature, les relations et la dynamique entre les éléments qui la constitue et comment chacun peut maintenir une santé optimale par l’équilibre de tous les aspects de la vie.

« Ayur » signifie vie et « veda » connaissance. Selon, l’Ayurveda la santé globale d’un individu dépend de sa capacité à vivre en harmonie avec la nature, les saisons et sa propre constitution (appelée dosha). Dr. Bhatt utilisait souvent l’image d’un autoroute : la Nature c’est l’autoroute avec sa vitesse propre et nous, nous sommes la voiture qui doit harmoniser sa vitesse avec la vitesse de l’autoroute. On s’ajuste donc aux cycles de la Nature et non pas l’inverse! Ainsi, l’Ayurveda travaille principalement avec les 5 éléments et notre feu digestif (il y a 40 types de feu digestifs!).

La théorie des 5 éléments et les constitutions (DOSHAS)

À partir des 5 éléments (air, ether, eau, feu, et terre), trois types de constitutions se sont formés (dosha) chacun contribuant à déterminer notre aspect physique et psychologique : Les éléments air et ether ensembles donnent Vata, eau et feu donnent Pitta et eau et terre, Kapha. En bref, Vata donne une morphologie soit très allongée ou très petite, une énergie fébrile et créative et une santé en dent de scie; Pitta donne une morphologie moyenne, une énergie de leadership et ambitieuse et une santé moyenne forte et Kapha donne une morphologie plus enveloppé, une énergie constante, fiable et une santé robuste.

Chaque individu a un ou deux de ces constitutions qui prédomine et très rarement certaines personnes auront les trois à part égale. Ce qu’il faut savoir c’est qu’on ne peut pas changer notre « constitution de base » (prakriti en sanskrit). Si on est Vata, il faudra gérer l’abondance de créativité, notre tendance à bouger et à vouloir tout faire tout de suite, en simplifiant notre agenda, en instaurant une routine et en ralentissant. Si on est Pitta, il faudra gérer notre abondance de feu, notre tendance à vouloir se surpasser et que ça aille vite, en se donnant des moments pour respirer et se rafraîchir. Si on est Kapha, il faudra gérer notre abondance de stabilité et notre tendance à vouloir garder le statu quo, à tomber dans la routine et à accumuler des choses ou du poids.

Car chaque dosha a son rôle et sa force : Vata a le rôle de générer le movement et sa force c’est la créativité et le changement, Pitta a le rôle de digérer (aliments et idées) et sa force c’est le leadership et la perspicacité et Kapha a le rôle de protéger, nourrir et hydrater et sa force c’est son endurance et sa loyauté.

UNE VISION HOLISTIQUE DE LA SANTÉ

Notre constitution de base reste la même durant toute notre vie, mais il peut arriver que notre manque de vigilance, discipline ou savoir mène aux excès et à des aggravations (l’état d’aggravation s’appelle vikruti en sanskrit). Le déséquilibre peut être saisonnier et léger, ou si ça perdure depuis longtemps, une déposition plus profonde. Dans les cas légers on peut adopter des changements d’habitudes de vie ou d’alimentation petit à petit pour retrouver l’équilibre. Les signes d’une aggravation de type Vata : anxiété, insomnie, énergie dissipée; Pitta : émotion irritable et colérique, problème d’acidité (ulcers), d’inflammation (eczema), et Kapha : jalousie ou attachement, excès de mucus aux sinus, bronches, poumons, surpoids.

Pour apaiser les signes d’aggravation de vata, pitta et/ou kapha et augmenter l’efficacité du feu digestif, l’Ayurvéda examinera d’abord les habitudes alimentaires et les habitudes de vie de la personne. L’idée c’est de changer une seule chose à la fois pour respecter l’intelligence et le rythme du corps.

Au niveau de l’alimentation, l’Ayurveda proposera des aliments et des épices particulières pour augmenter l’efficacité du feu digestif, car selon l’Ayurveda, la racine de toute maladie est une digestion incomplète. Les combinaisons alimentaires, les heures et quantités des repas, les menus sont analysés. Au niveau des habitudes de vie, des routines seront proposées selon votre dosha. Cela dépend des saisons et du type de débalancement. Quand c’est léger et qu’on trouve la routine et l’alimentation qui nous conviennent parfaitement, tout se place, car le corps cherche toujours à retrouver la santé. Quand les symptômes sont plus aigus, l’Ayurveda proposera des des traitements pour détoxifier le corps, dont le panchakarma (massages et suppléments d’herbes).

Yoga et Ayurvéda

On peut aussi adapter notre pratique de yoga selon notre dosha. Vata est le principe de mouvement. Il sera donc attiré par du yoga qui bouge et qui exerce tout le corps. Mais en fait pour les Vata, le type de yoga qui fait le plus de bien est un rythme lent et posé, sans forcer. Pour les Pitta, même chose, ils seront attiré par un yoga précis et exigeant, mais c’est plutôt un flot lent sans compétition avec des rappels fréquents à ressentir tout le corps et les liens entre les différentes parties afin de ne pas trop analyser sur la performance et pour les kapha, un cours doux les attirera car ils sont élément eau et terre, mais ils peuvent bénéficier de s’exercer – en respectant leurs capacités – suivant un rythme soutenue faisant appel à la force et à l’endurance avec des variantes pour surprendre kapha!

Ainsi l’Ayurvéda s’applique à tout. C’est un domaine vaste comme l’océan, mais en même temps plein de gros bon sens. La façon que l’Ayurveda conçoit la santé : d’abord la prévention « Connais-toi toi-même » et au besoin, des traitements. C’est une approche de santé holistique qui « empower » la personne, c’est-à-dire qui lui donne confiance en ses moyens et en son corps.

Namaste

Jennifer

La méditation et les 3 états du mental

Belle fleur de lotus à la surface de l’eau

Le yoga et l’ayurvéda décrivent un nectar d’immortalité, amrita, qui serait produit par la glande pinéale au niveau du cerveau, lorsque nous atteignons un degré de méditation profond, c’est-à-dire de concentration et de calme assez soutenue. C’est un des buts de la méditation! et une des raisons pourquoi on porte notre attention au point entre les sourcils vis-à-vis les oreilles, car c’est le lieu de la glande pinéale (aussi c’est le lieu du 6e chakra, sujet pour une autre article!).

Il faut savoir que le mental est sujet à 3 états :

  • rajas : un état actif allant de l’excitation, alerte mais agité à l’état de surexcitation, turbulence, manque de concentration, surplus de désirs et d’ ambitions et l’hystérie, crises d’anxiété.
  • tamas : un état de somnolence allant d’un manque de bon judgment, la léthargie, la lourdeur, le manque d’intérêt à la confusion, les délires ou l’incapacité de voir la réalité telle qu’elle est, et la dépression.
  • sattwa ou sattva : un état serein, sage, et en complète équilibre, calme mais alerte, légèreté avec bon judgment, compassion et courage.

Le mot en sanskrit pour ces états est Gunas, qu’on traduit comme : les 3 états des éléments et phénomènes de la nature. Ainsi tout comme le yin et le yang, les gunas sont des qualités de la nature. La nourriture et nos activités peuvent affecter notre mental et entraîner un état tamas, rajas ou sattva. Par exemple : nourriture transformée et grasse comme poutine prorduira un état tamas, nourriture stimulante comme café, état rajas et les aliments entiers et frais comme une salade avec des graines, sattva. Écouter un filme d’action aura effet rajasique, manger un très gros repas juste avant de dormir, effet tamasique et marcher en forêt sans se presser et en étant présent aux odeurs, sons et couleurs, sattvique.

Le but n’est pas de se restreindre, mais plutôt d’observer les effets de ce qu’on fait sur le niveau d’énergie de notre mental. Chacun est différent et peut faire ses propres choix selon ses observations. Quand on s’assoit pour méditer, si notre esprit est surexcité, qu’on a envie d’acheter plein de nouveau vêtements ou de faire plein de choses, on note que le mental est dans un état rajasique et on peut analyser (svadyaya – observation de soi) qu’est-ce qu’on a mangé, lu ou entendu qui pourraient avoir entraîné cet état. En générale notre société nous pousse vers un état rajasique. D,un autre côté, si on n’a pas la volonté pour faire des choix santé, on n’arrive pas à méditer bien qu’on voudrait, on sait tout de suite que notre énergie est tamasique, l’énergie va vers l’intérieur mais vers le bas, lourdeur. Cet état peut aussi survenir après une période rajasique, comme le retour d’un pendule. Et si on est calme, on arrive à méditer ou faire du yoga ou des bons choix, on a une énergie modéré et notre esprit est présent on est dans un état sattvique, l’énergie va aussi vers l’intérieur mais vers le haut, état léger.

Par l’observation sans judgment, tranquillement et tout naturellement on trouvera le chemin vers notre propre état d’équilibre. Le corps a ses propres capacités d’autoguérison et chaque pas vers l’équilibre entraîne un cercle vertueux, parfois on stagne, parfois on recule, mais la vie n’est pas linéaire, chacun avance toujours (même si on pense qu’on recule) vers la lumière et l’union avec son âme. En méditant régulièrement, on va de plus en plus profond, faisant l’expérience d’un bonheur de plus en plus constant et avec une pratique soutenue, qui sait on bénéficiera du nectar d’immortalité! Je vous le souhaite!

Paix, Joie, Amour et Lumière
Namaste
Jennifer