


Durant ma première année à faire du yoga, j’étais au paradis : c’était tout ce que je m’imaginais du yoga, des gens harmonieux et des séances de yoga fluides après lesquelles je me sentais forte et sereine. Tout était pour le mieux et dans mon exubérance je me donnais à fond, jusqu’à ce que je me blesse l’articulation du sacro-iliaque : les hanches voulaient remonter d’une flexion avant debout mais le sacrum n’a pas suivi et les ligaments ont écopés.. Du jour au lendemain mon dos était barré et douloureux. Avec du recul je comprends que c’était ma façon de faire du yoga à l’époque qui m’a amené à me blesser.
En bonne élève, j’imitais le/la prof devant moi du mieux que je pouvais alors que je n’ai pas un corps très souple et qu’à l’époque, à part du vélo de loisir et de la marche en ville, je ne faisais pas beaucoup de sport. Lorsque je pratiquais du yoga, inconsciemment, je me fixais des objectifs extérieurs comme toucher mes orteils ou étirer mes bras le plus loin possible devant, alors que ce sont des états intérieurs comme la détente et la stabilité qu’on devrait viser dans les postures de yoga. Un muscle ne peut s’étirer s’il est tendu! (voir blogue « Oui mais je ne suis pas souple! »)
En yoga, on cherche une zone de travail. On se place dans une posture de façon à ressentir un travail soit d’étirement ou de travail musculaire puis on prend des respirations lentes et profondes pour élargir notre attention, le ramener à tout le corps. C’est un travail holistique c’est-à-dire qui implique le corps et l’esprit. Ainsi le mentale se détend pour passer en mode observation et on se laisse mieux guider par l’intelligence du corps : les muscles peuvent se détendre, les articulations peuvent s’aligner, le mouvement de la respiration peut masser les organes digestifs et à oxygéner les tissus, l’énergie peut circuler aux glandes endocriniens et calmer le système nerveux, etc. La posture est statique, mais il s’en passe des choses à l’intérieur!
J’irais plus loin dans cette description du corps en disant que chaque corps est une matrice, une toile multidimensionnelle et quand on commence le yoga au début, la toile n’est pas connectée partout ou manque de profondeur. La force du yoga est de conscientiser, relier tous les points de la matrice et par cette toile complète le corps devient fort et résilient. Avez-vous déjà remarqué comment les yogis avancés sont forts mais leurs muscles sont bien proportionnés? Alors lorsqu’on se blesse, j’ai l’impression que c’est qu’on a utilisé deux portions de toiles, deux membres par exemple, et même si ces deux membres étaient forts ou souples en eux-mêmes, si la toile n’était pas connectée au niveau du lien entre les deux, l’articulation par exemple, bien le maillon faible lâche sous la tension.
En yoga, on développe la capacité d’observer les sensations dans son corps et de s’ajuster. Je répète souvent aux participants de respecter leur capacités, mais ce n’est pas évident au début. Plusieurs débutants sont tout surpris de réaliser que leurs épaules sont constamment légèrement en tension, montées vers les oreilles. Puis tranquillement, ils deviennent conscients de leur posture au quotidien, ou du moins ils se sentent bien après le cours et sont capables de percevoir lorsque des tensions se logent dans leur corps soit à cause d’une mauvaise posture ou des pensées négatives, etc.
Car ces tensions coupent la circulation de la matrice du corps, créant un trou noir ou un blocage qui empêche le corps de bien fonctionner comme un tout. Après ma blessure, j’ai fait des séances d’acuponcture, de réflexologie, de Reiki, de channeling, d’ostéopathie, de shiatsu, de Rolfing, de Tai Ch’i, et j’en passe. J’ai exploré de multiples types de thérapies. Chacun m’a appris quelque chose en particulier sur mes croyances et sur mon corps. J’ai cheminé vers une meilleure santé toujours dans l’idée que je suis responsable de ma santé, de mon bonheur.
Quand les blessures de mon dos furent guéries, j’ai continué à m’intéresser au yoga. J’ai aussi suivi des cours dans plusieurs centres différents pour découvrir qu’il y a différentes façons d’enseigner le yoga. Mon approche maintenant c’est d’adapter le yoga pour aider les débutants à éviter les pièges que je n’ai pas vu au début. Si on se pousse trop en partant, oui on risque de se blesser. Mais, si on réussit à être patient et à travailler progressivement, le corps s’assouplit et ça, peu importe notre âge.
Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre! Le yoga m’a aidé à me remettre de mes blessures. Je n’ai pas changé de style, j’ai changé mon attitude. Je me suis rendue compte que je me suis blessée parce que je misais sur les résultats et sur l’apparence. Il n’y rien de mal à cela, sauf si on se blesse! Je n’avais aucune écoute intérieure à me dire « Ce que je suis en train de faire, est-ce que c’est confortable pour mon corps? »
Notre corps est un véhicule pour notre esprit. C’est un temple sacré, vivant et intelligent. Je vous souhaite d’être toujours en santé et heureux!
Namasté
Jennifer
D’emblée, disons que ce n’est pas nécessaire d’être souple pour faire du yoga. Difficile à croire avec tous ces affiches publicitaires de contortionistes zen!?! Le but du yoga c’est l’harmonie du corps et de l’esprit et ça ça ne nécéssite pas qu’on fasse la split ni même qu’on soit assis au sol jambes croisés! Ça nécessite qu’on soit confortable.. la preuve c’est que pleins d’élèves débutants (dont moi à mes débuts) se sont sentis relaxe après leur premier cours mêmes sans pouvoir toucher leurs orteils! On peut relaxer même si on n’est pas fort et souple en partant, même si les conditions dans la salle de yoga ne sont pas idéales, même si la journée s’est mal passé, etc. Si nous cherchons à relaxer, nous relaxerons, si nous cherchons à être mécontents, il y aura amples raisons… mais je diverge!
‘Je ne suis pas souple!’ (avec le point d’exclamation et des soupirs de découragements) c’est ce qu’on me répond le plus souvent lorsque je parle pour la première fois à quelqu’un qui ne connaît pas le yoga. Moi, je ne suis pas souple et je suis professeure de yoga. Bien sûr je me suis beaucoup améliorée avec le temps et des séances régulières. Tout comme le soccer améliore, entres autres, le cardio, le karaté améliore, entre autres, la confiance, le yoga améliore, entres autres, la souplesse.
D’une part, il faut choisir le bon type ou niveau de cours pour nous, adapté à nos capacités. D’une autre part, s’étirer, ça s’apprend.
Connais-toi toi-même dit le fameux adage. Quand on a des limitations physiques, on porte plus attention et on choisit un cours adapté. Je donne des cours de yoga sur chaise et des cours pour les aînés, il existe des cours pour femmes enceintes, des cours d’initiation, des groupes mixes, etc, il s’agit de s’informer et déjà on risque moins de se blesser! Essayez aussi les classes d’essai pour voir si le cours convient à votre personnalité.
Ça risque de vous pousser au-delà de vos limites; à la place, suivez un cours qui développe la conscience de la respiration, la lenteur du mouvement, la centration. Vous aurez un bon « workout » quand même!
Pour les débutants sans limitation physique évidente, la difficulté est souvent lié au fait qu’on ne connaît pas la sensation d’étirement. Un des enfants dans un cours une fois a dit « Ça fait mal ». Difficile de décrire le picotement et la chaleur qu’est un bon étirement.
S’étirer ça provoque une sensation semblable à la douleur, mais le truc c’est de ne pas tirer. Soupirer et allonger l’expiration, ça aide à relâcher les tensions.
Aussi, il faut ressentir l’étirement au milieu du muscle et non aux extrémités, pas trop en tout cas. Si c’est le cas, c’est que le muscle ne se détend pas et on ne fait que tirer sur les points d’attaches, les ligaments et on risque de se blesser.
Un truc pour débutants c’est de faire le mouvement à 75% de notre capacité afin d’éviter d’aller trop loin. Vous seriez surpris à quel point c’est difficile et comment ça demande de l’attention. Je dis à mes élèves de se positioner là où ils rencontrent une résistance puis de respirer.
la « lame de rasseoir » et c’est la seule façon de travailler afin de rester dans une posture longtemps. Les maîtres parlent de cultiver un état de non-résistance et de s’abandonner à ce qui est.
Les muscles se raccourcissent avec le temps par notre posture au quotidien et notre attitude et il faut user d’une combinaison de mouvements d’échauffement, d’étirement et un certain lâcher prise pour qu’ils s’allongent. Un muscle en fait ne peut pas s’étirer par lui-même, il s’allonge lorsqu’il se détend. Ainsi on ne peut pas forcer notre corps à être souple. Si on tremble d’effort, les muscles seront loin de vouloir se détendre! Faire des échauffements comme la série pour libérer les articulations (pawansmuktasana) peut grandement aider à ré-éduquer les muscles et les articulations et nous permettre de retrouver une meilleur posture.
Ainsi, faire une posture de façon dynamique à 75% de notre amplitude aide à réchauffer les muscles. Puis ensuite on peut faire la posture de façon statique pendant 30 à 45 secondes pour travailler l’étirement. Par exemple, le cobra. En dynamique, à l’inspire on contracte le haut du dos pour soulever la tête et la poitrine l’arrière du cou bien allongée, à l’expire on descend. On peut répéter ce mouvement 10 fois, faire une pause d’au moins 20 secondes puis faire la posture de façon statique, durant 4 à 5 respirations lentes et profondes.
En prenant encore l’exemple du cobra, d’une part on contracte le haut du dos, ce qui chasse la fatigue et mobilise les vertèbres dorsales. Puis on se trouve à étirer les abdominaux, le plexus solaire, la cage thoracique, les poumons et la région du coeur.
Un muscle en santé est à la fois souple et capable de se contracter. Souvent lorsque j’enseigne la respiration abdominale et que je dis de laisser l’abdomen se gonfler à l’inspire, on me demande si ça va faire grossir le ventre. Au contraire, la détente des abdos à l’inspire puis subséquente contraction à l’expire ça tonifie le ventre et aide à maintenir les organes en place (vive le grand transverse) !
La pratique régulière du yoga aide à créer un corps agile, bien proportionné, à la fois souple et fort.
Bonne pratique !
Jennifer
À partir de janvier au Centre les étoiles de Mères
Horaire possible : les lundis en matinée
Quelle opportunité unique tout près de chez nous!
Monique Vachon, professeure de yoga et fondatrice de Via Yoga qui fête ses 10 ans m’a demandé si je voulais donner quelques cours durant son évènement « DÉFI 21 JOURS DE YOGA » et j’ai dit OUI!!
Le défi débutera le 15 août par un cours gratuit de 8h15 à 9h15
suivi de 20 cours consécutifs de 8h15 à 9h15 jusqu’au 4 septembre (au bord du Lac Hertel).
Lire la suite « Évènement d’été : 21 jours de yoga sur le Mont St-Hilaire! »
Une session de 5 semaines sera offerte durant le mois de mai!
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Au plaisir!